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S'expatrier au Portugal : le RNH, c'est fini

⏱ Lecture : ~12 min 📅 13 avril 2026 ✶ Pour : francophones tentés par le Portugal

Pendant dix ans, le Portugal a été la destination fiscale favorite des francophones : soleil, douceur de vivre, et surtout le fameux régime RNH qui taxait les pensions étrangères à 10 %. Cette époque est révolue. Le RNH est fermé aux nouveaux arrivants, le 10 % sur les pensions a disparu. Voici ce que le Portugal réserve vraiment, aujourd'hui, à qui s'y installe.

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Si vous avez entendu parler du Portugal comme d'un « paradis fiscal pour retraités français », l'information n'est pas fausse — elle est simplement périmée. Le régime qui a fait cette réputation, le RNH, n'accueille plus de nouveaux bénéficiaires. Le Portugal reste un pays magnifique où vivre, mais le calcul fiscal d'une installation aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui d'il y a quelques années. Reprenons à zéro, avec les règles de 2026.

Le RNH, c'est fini (pour les nouveaux arrivants)

Le régime des résidents non habituels (RNH, ou NHR en anglais) offrait, pendant dix ans, une fiscalité très avantageuse : exonération de la plupart des revenus de source étrangère, taux réduits sur certains revenus portugais, et surtout un taux forfaitaire de 10 % sur les pensions de retraite étrangères. C'est ce dernier point qui a attiré des milliers de retraités français.

Ce régime est fermé aux nouvelles inscriptions depuis le 1er janvier 2024. Une période transitoire a permis les dernières demandes jusqu'au 31 mars 2025, pour les personnes pouvant prouver qu'elles avaient déjà entamé leur installation en 2023. Concrètement :

Autrement dit, si votre projet repose sur le RNH classique, il repose sur un régime qui n'existe plus pour vous. C'est exactement le piège que nous évoquions à propos de la fin du RNH portugais : un avantage réel, mais qui appartient désormais au passé.

Avant / après

Une pension de retraite privée française

Sous l'ancien RNH (fermé) — taux forfaitaire10 %
Au régime de droit commun aujourd'hui — barème IRSjusqu'à 48 %
Surtaxe de solidarité (hauts revenus)+ 2,5 à 5 %
Ce qui a changé pour les nouveaux arrivantsPlus de 10 %

Tableau indicatif, hors cas particuliers, abattements et application de la convention franco-portugaise. Barèmes susceptibles d'évoluer : à vérifier à jour.

Le nouveau régime : l'IFICI (NHR 2.0)

Le Portugal n'a pas laissé un vide complet : il a créé un nouveau dispositif, l'IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), surnommé « NHR 2.0 ». Mais il faut comprendre qu'il s'agit d'un régime bien plus étroit que l'ancien :

La différence est de taille : là où le RNH s'adressait largement aux retraités et aux titulaires de revenus passifs, l'IFICI vise des actifs qualifiés dans des secteurs précis. Un retraité, un rentier ou un investisseur vivant de ses placements n'entre pas dans ce nouveau cadre.

À retenir

Le RNH attirait surtout des retraités. L'IFICI s'adresse à des profils qualifiés en activité (recherche, innovation, hautes compétences). Si vous êtes retraité ou rentier, vous relevez aujourd'hui, en principe, du droit commun portugais — pas d'un régime de faveur.

Quand devient-on résident fiscal portugais ?

La résidence fiscale s'acquiert dans deux cas principaux :

Dès lors, vos revenus mondiaux entrent en principe dans le champ portugais, sous réserve de la convention franco-portugaise. Et, comme toujours, le sujet ne se règle pas du seul côté portugais : tant que vous n'avez pas rompu votre résidence fiscale française, vous risquez d'être considéré comme résident des deux pays.

Le Portugal n'est plus un raccourci fiscal. C'est un cadre de vie — qu'il faut désormais évaluer au barème de droit commun.

Le barème de l'IRS

Hors régime spécial, le Portugal applique un barème progressif (l'IRS) dont les taux s'échelonnent d'environ 13 % à 48 % selon le niveau de revenu. À cela peut s'ajouter une surtaxe de solidarité : de l'ordre de 2,5 % sur la fraction de revenus comprise entre 80 000 € et 250 000 €, et 5 % au-delà.

On est donc sur des niveaux comparables à ceux de la France pour le droit commun. L'avantage portugais d'autrefois tenait au régime spécial, pas au barème lui-même. C'est une nuance essentielle pour qui compare les destinations : sans RNH ni IFICI, le Portugal n'est pas un pays à faible imposition des revenus.

Patrimoine, immobilier, succession

En dehors de l'impôt sur le revenu, plusieurs points jouent en faveur du Portugal — et certains, eux, n'ont pas changé :

C'est souvent là que se trouve, aujourd'hui, le vrai intérêt patrimonial du Portugal : non plus dans l'impôt sur le revenu, mais dans l'absence d'impôt sur la fortune et la légèreté de la transmission.

La convention fiscale France-Portugal

La France et le Portugal sont liés par une convention fiscale (signée en 1971) qui évite les doubles impositions et répartit le droit d'imposer. Quelques repères, à lire revenu par revenu :

Point de vigilance

Le piège habituel : s'installer au Portugal sans rompre proprement sa résidence fiscale française. On se retrouve alors résident des deux côtés, et c'est la convention qui doit trancher, au prix de complications. La rupture doit être réelle et documentée : transfert effectif du foyer, déclaration de départ en France, et inscription en bonne et due forme côté portugais.

L'idée à retenir

Le Portugal se choisit désormais pour ce qu'il est vraiment : un cadre de vie remarquable, sans impôt sur la fortune et avec une succession douce. Mais le rêve du « 10 % sur la retraite » est terminé pour les nouveaux arrivants : hors IFICI — très ciblé — c'est le barème de droit commun jusqu'à 48 % qui s'applique. Décider aujourd'hui sur la base de l'ancien RNH, c'est se tromper d'année.

En résumé

Le Portugal reste une destination de premier plan pour la qualité de vie, la sécurité, le climat et une fiscalité du patrimoine (fortune, succession) très favorable. Mais sa fiscalité des revenus a profondément changé : le RNH est fermé aux nouveaux arrivants, le taux de 10 % sur les pensions étrangères a disparu, et le régime de remplacement (l'IFICI) ne concerne qu'une minorité de profils qualifiés. Pour un retraité ou un rentier, l'installation se fait désormais au droit commun. La méthode, elle, ne change pas : une rupture de résidence française nette, une lecture précise de la convention, et une décision fondée sur les règles d'aujourd'hui — pas sur la réputation d'hier.

Questions fréquentes

Peut-on encore bénéficier du RNH au Portugal ?

Non, plus pour les nouveaux arrivants. Le RNH est fermé aux nouvelles inscriptions depuis le 1er janvier 2024 (dernières demandes transitoires jusqu'au 31 mars 2025). Les bénéficiaires actuels le conservent jusqu'au terme de leurs dix ans, mais on ne peut plus s'y inscrire aujourd'hui.

Qu'est-ce que le régime IFICI (NHR 2.0) ?

Le régime qui remplace le RNH : 20 % d'IRS sur les revenus du travail de source portugaise issus d'activités éligibles (recherche, innovation, professions très qualifiées), pendant dix ans, avec exonération de la plupart des revenus étrangers. Beaucoup plus ciblé que l'ancien RNH : il ne vise ni les retraités ni les revenus passifs.

Comment sont imposées les retraites françaises au Portugal aujourd'hui ?

Le taux de 10 % a disparu pour les nouveaux arrivants. Une pension privée est en principe imposée au barème de l'IRS (jusqu'à 48 %), tandis que les pensions publiques restent en général imposables en France selon la convention. À lire pension par pension.

Quand devient-on résident fiscal portugais ?

Après plus de 183 jours, continus ou non, sur douze mois, ou en disposant d'un logement laissant supposer l'intention d'y habiter. Vos revenus mondiaux deviennent alors imposables au Portugal, sous réserve de la convention.

Y a-t-il un impôt sur la fortune au Portugal ?

Pas d'impôt général type IFI. L'immobilier supporte l'IMI (taxe foncière) et, pour les biens de valeur élevée, l'AIMI — une taxe limitée aux seuls biens situés au Portugal.

Y a-t-il des droits de succession au Portugal ?

Pas d'impôt successoral classique. Transmissions entre conjoint, descendants et ascendants exonérées ; pour les autres, un droit de timbre (Imposto do Selo) d'environ 10 %. À articuler avec les règles françaises.

Existe-t-il une convention fiscale France-Portugal ?

Oui, signée en 1971, pour éviter les doubles impositions. Pensions privées imposables au Portugal, pensions publiques le plus souvent en France, revenus immobiliers dans le pays du bien. Tout repose sur une rupture réelle de la résidence française.

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Découvrir le diagnostic

Sources & références

  • Convention fiscale France-Portugal (1971) et liste des conventions internationales : impots.gouv.fr
  • Autoridade Tributária e Aduaneira (Portail des Finances portugais) — IRS, résidence fiscale, IFICI : portaldasfinancas.gov.pt
  • Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares (IRS) — barème et régimes : gov.pt