Destinations · Grèce

S'expatrier en Grèce : la non-dom la moins chère d'Europe

⏱ Lecture : ~13 min 📅 18 juillet 2026 ✶ Pour : hauts patrimoines, retraités et actifs tentés par la Grèce

La Grèce a copié la boîte à outils italienne — en moins cher. Depuis que l'Italie a porté sa flat tax néo-résidents à 300 000 €, la Grèce, restée à 100 000 €, devient la non-dom la moins chère d'Europe. Trois régimes, trois profils : le forfait des hauts patrimoines, le 7 % des retraités, le 50 % des actifs. Aucun n'est un « 0 impôt magique » — chacun a ses conditions, ses délais et ses angles morts. Voici la réalité 2026.

Version vidéo à venir

Une présentation vidéo de cet article sera disponible ici prochainement.

Quand on parle de régimes de faveur pour nouveaux résidents en Europe, l'Italie et le Portugal accaparent l'attention. Pourtant, la Grèce a bâti, ces dernières années, un dispositif à trois étages qui reprend point par point la logique italienne — mais à un prix d'entrée nettement plus doux. Trois régimes, inscrits aux articles 5A, 5B et 5C du code grec de l'impôt sur le revenu, s'adressent chacun à un profil différent : le grand patrimoine, le retraité, l'actif. Reprenons-les un par un, avec les règles de 2026.

Trois régimes, trois profils

La première chose à comprendre, c'est qu'il n'existe pas un régime grec, mais trois régimes parallèles, chacun avec ses propres conditions d'accès, sa propre durée et sa propre logique fiscale :

Un mot de vocabulaire, d'abord. « Non-dom » (pour non-domiciled) désigne, dans plusieurs pays, un statut où un résident n'est imposé sur ses revenus étrangers que de façon forfaitaire ou limitée, plutôt que sur son revenu mondial complet. C'est exactement la mécanique de l'article 5A grec.

Régime 5A — le non-dom des hauts patrimoines

C'est le régime le plus spectaculaire, et celui qui vaut à la Grèce son titre de non-dom la moins chère d'Europe. Son principe : une personne qui transfère sa résidence fiscale en Grèce paie un impôt forfaitaire de 100 000 € par an qui couvre l'ensemble de ses revenus de source étrangère, quel qu'en soit le montant. Que ces revenus étrangers s'élèvent à 300 000 € ou à 3 millions, la facture grecque sur eux reste de 100 000 €.

Deux conditions cumulatives pour y entrer :

Le régime peut être étendu aux membres de la famille pour 20 000 € par personne et par an. Il court sur une durée de 15 ans, épuise l'impôt grec sur les revenus étrangers, et — point souvent décisif pour la transmission — exonère les biens situés à l'étranger des droits de succession et de donation grecs pendant toute sa durée.

Le comparatif qui change tout

Jusqu'en 2025, l'Italie était la référence du forfait néo-résidents, à 100 000 € par an (article 24-bis). Mais depuis 2026, l'Italie demande 300 000 € (et 50 000 € par membre de famille). La Grèce, elle, reste à 100 000 € (20 000 € par membre de famille). À prestation comparable — un forfait qui neutralise l'impôt sur les revenus étrangers — la Grèce est désormais trois fois moins chère. C'est ce basculement qui la place en tête des non-dom européennes en 2026.

Ordre de grandeur

Un patrimoine générant 500 000 € de revenus étrangers

Grèce — forfait 5A100 000 €
Italie — forfait néo-résidents (2026)300 000 €
Écart annuel, sur le seul forfait200 000 €

Tableau purement illustratif : il compare deux forfaits d'entrée, hors coût de l'investissement de 500 000 € exigé en Grèce, hors impôt sur les revenus de source locale et hors situation familiale. Les montants et conditions sont susceptibles d'évoluer — à vérifier à jour avant toute décision.

Attention toutefois : le forfait 5A ne touche que les revenus étrangers. Les revenus de source grecque — un salaire grec, les loyers d'un bien grec, les dividendes d'une société grecque — restent imposés au barème ordinaire, dont la tranche marginale a été portée à 44 % au 1er janvier 2026.

Régime 5B — les retraités à 7 %

Deuxième étage, taillé pour un profil très différent : le retraité étranger. L'article 5B applique une imposition forfaitaire de 7 % sur tous les revenus de source étrangère — non seulement la pension, mais aussi les autres revenus étrangers (loyers, dividendes, intérêts) — d'un titulaire de pension versée à l'étranger qui transfère sa résidence en Grèce.

Les conditions sont plus légères que pour le 5A :

L'impôt se règle en une fois, au dernier jour ouvré de juillet, et épuise l'obligation sur ces revenus. Le régime dure 15 ans, comme le 5A.

Le 7 % grec ressemble au 7 % italien des retraités — sans l'obligation de s'exiler dans une petite commune du Sud. En Grèce, aucune contrainte géographique.

La comparaison mérite d'être soulignée. L'Italie propose elle aussi un régime à 7 % pour les retraités étrangers, mais elle l'assortit d'une contrainte forte : il faut s'installer dans une petite commune du Sud (moins de 20 000 habitants, dans des régions désignées). La Grèce, elle, n'impose aucune localisation : Athènes, une île, le Péloponnèse — le choix est libre.

Régime 5C — les actifs impatriés, 50 % d'exonération

Troisième étage, pour ceux qui viennent travailler ou entreprendre en Grèce. L'article 5C accorde une exonération de 50 % de l'impôt sur les revenus d'emploi et d'activité (salaire comme business) de source grecque, pendant 7 ans, à qui transfère sa résidence pour occuper un nouvel emploi ou lancer une nouvelle activité en Grèce.

Les conditions :

Un bonus non négligeable s'y ajoute : le bénéficiaire est dispensé de l'impôt sur les « revenus présumés ». En Grèce, comme dans plusieurs pays, l'administration peut estimer un revenu minimal d'après le train de vie (la résidence occupée, la voiture détenue) et taxer sur cette base présumée si le revenu déclaré paraît trop faible. Le régime 5C met ses bénéficiaires à l'abri de ce mécanisme.

À retenir

Ces trois régimes ne se cumulent pas : on entre dans l'un d'eux, selon son profil. Le 5A vise le patrimoine déjà constitué (avec un ticket d'entrée réel), le 5B le retraité qui touche une pension étrangère, le 5C l'actif qui vient créer de la valeur en Grèce. Le point commun de la logique grecque est le même que celui de la flat tax italienne ou du régime Beckham espagnol : un régime de faveur ne dispense jamais d'une installation réelle et d'une rupture nette du lien fiscal d'origine.

Quand devient-on résident fiscal grec ?

La résidence fiscale grecque s'acquiert principalement dans deux cas :

Le corollaire est indispensable et trop souvent négligé : une rupture réelle et documentée de la résidence fiscale française. Tant que la France peut vous considérer comme l'un de ses résidents, vous risquez la double résidence — et l'accès aux régimes grecs devient fragile. Un test de résidence fiscale aide à mesurer ce risque avant le départ.

La succession en Grèce

La Grèce applique une fiscalité successorale modérée en ligne directe (conjoint, enfants) : un barème progressif de l'ordre de 1 % à 10 % après abattements, avec un abattement d'environ 150 000 € par enfant. On est loin des taux qui grimpent vite en France sur les patrimoines importants.

Et sous le régime 5A non-dom, l'avantage se double : les biens situés à l'étranger sont hors du champ des droits de succession grecs pendant toute la durée du régime. Un patrimoine international logé hors de Grèce échappe ainsi, temporairement, à la fiscalité successorale grecque. Reste que ce sujet doit toujours s'articuler avec les règles françaises, qui peuvent rester applicables selon la situation et la localisation des biens.

La convention fiscale France-Grèce

La France et la Grèce sont liées par une convention fiscale du 21 août 1963, qui évite les doubles impositions et répartit le droit d'imposer. Sans entrer dans le détail des articles — que chaque situation impose de vérifier au cas par cas —, le schéma général est le suivant :

C'est précisément l'articulation de cette convention avec le régime choisi (5A, 5B ou 5C) qui mérite un examen individuel : c'est tout l'enjeu d'une bonne lecture de la résidence fiscale, revenu par revenu, avant de décider.

Points de vigilance

Quatre réserves à garder en tête. Un : le non-dom 5A exige un vrai investissement de 500 000 € en Grèce — ce n'est pas gratuit, et cet argent doit être mobilisé. Deux : aucun des trois régimes n'efface l'impôt sur les revenus de source grecque, qui restent au barème (jusqu'à 44 %). Trois : tout repose sur une rupture nette de la résidence fiscale française et le respect des délais de dépôt (en général avant le 31 mars de l'année). Quatre : le 7 % des retraités suppose une vraie pension étrangère et une présence de plus de 183 jours sur place. Si vous quittez la France avec un patrimoine mobilier important ou une participation significative dans une société, pensez aussi à l'exit tax, qui peut se déclencher au départ, avant toute question grecque.

L'idée à retenir

La Grèce n'a pas inventé un « 0 impôt magique » : elle a construit trois régimes ciblés, lisibles, chacun pour un profil. Pour un grand patrimoine international, le forfait 5A à 100 000 € est, depuis 2026, l'un des dispositifs les plus compétitifs d'Europe — à condition d'accepter l'investissement de 500 000 €. Pour un retraité touchant une pension étrangère, le 7 % du 5B est simple et sans contrainte géographique. Pour un actif qui vient créer de la valeur, le 50 % du 5C allège réellement la note pendant sept ans. Dans les trois cas, le chiffre d'affichage ne dit rien, seul, de ce que vous paierez : tout dépend de votre profil réel et d'une rupture propre avec la France.

En résumé

La Grèce a repris la logique italienne des régimes pour nouveaux résidents, et le retournement de 2026 la rend particulièrement attractive : avec un forfait resté à 100 000 € quand l'Italie est montée à 300 000 €, elle devient la non-dom la moins chère d'Europe. Trois portes s'ouvrent selon le profil — 5A pour les hauts patrimoines, 5B pour les retraités à 7 %, 5C pour les actifs à 50 % d'exonération. Mais chacune a ses conditions : sept ou cinq ans d'absence préalable, un investissement de 500 000 € pour le 5A, une présence effective, des délais de dépôt stricts. Et aucune n'efface l'impôt grec sur les revenus locaux. La méthode ne change pas : une rupture nette de la résidence française, une lecture précise de la convention de 1963, et une décision fondée sur votre situation réelle — pas sur le seul chiffre d'affichage.

Questions fréquentes

Quels sont les trois régimes de faveur en Grèce ?

Trois régimes, un par profil. L'article 5A (non-dom, hauts patrimoines) : 100 000 € forfaitaires par an sur l'ensemble des revenus étrangers. L'article 5B (retraités étrangers) : 7 % sur tous les revenus de source étrangère. L'article 5C (actifs impatriés) : 50 % d'exonération de l'impôt sur les revenus d'activité grecs. Aucun n'efface l'impôt sur les revenus de source grecque, qui restent au barème (marginal porté à 44 % au 1er janvier 2026).

Comment fonctionne le non-dom grec à 100 000 € (art. 5A) ?

On paie 100 000 € par an, forfaitaires, couvrant tous les revenus étrangers quel qu'en soit le montant. Conditions : ne pas avoir été résident grec 7 des 8 dernières années et investir au moins 500 000 € en Grèce sous 3 ans (dispense si Golden Visa grec). Extension famille : 20 000 €/personne/an. Durée 15 ans ; les biens étrangers sont hors des droits de succession grecs pendant le régime. Depuis que l'Italie est passée à 300 000 €, la Grèce est la non-dom la moins chère d'Europe.

Comment sont imposés les retraités étrangers en Grèce ?

À 7 % sur tous les revenus de source étrangère (pension et autres revenus étrangers), pour un titulaire de pension versée à l'étranger qui transfère sa résidence en Grèce. Conditions : ne pas avoir été résident grec 5 des 6 dernières années, venir d'un pays lié à la Grèce par un accord de coopération fiscale (la France en fait partie), et être présent plus de 183 jours par an. L'impôt se paie en une fois, au dernier jour ouvré de juillet. Durée 15 ans, sans contrainte géographique.

Qu'est-ce que le régime des actifs impatriés (art. 5C) ?

Une exonération de 50 % de l'impôt sur les revenus d'emploi et d'activité de source grecque, pendant 7 ans, pour qui transfère sa résidence afin d'y prendre un nouvel emploi ou d'y lancer une activité. Conditions : ne pas avoir été résident grec 5 des 6 dernières années, venir de l'UE/EEE ou d'un pays lié par un accord fiscal, et s'engager à rester au moins 2 ans. Bonus : dispense de l'impôt sur les revenus présumés (train de vie).

Quand devient-on résident fiscal grec ?

Après plus de 183 jours dans l'année sur le territoire, ou lorsque le centre des intérêts vitaux se trouve en Grèce. Le corollaire indispensable est une rupture réelle et documentée de la résidence fiscale française : sans elle, on risque la double résidence et l'accès aux régimes grecs reste fragile.

Existe-t-il une convention fiscale France-Grèce ?

Oui, la convention du 21 août 1963. Au schéma général : pensions privées imposables dans l'État de résidence (la Grèce), pensions publiques dans l'État qui les verse (la France), revenus immobiliers dans le pays du bien. L'articulation avec le régime choisi (5A, 5B ou 5C) se vérifie au cas par cas.

Simulateur gratuit · 2 minutes

La Grèce, ou une autre destination ? Le simulateur de trajectoire d'expatriation identifie les juridictions les plus alignées sur votre profil et votre patrimoine — résultat immédiat, par email.

Préparer son installation en Grèce, côté patrimoine

Choix du régime (5A, 5B ou 5C), investissement de 500 000 €, sortie du régime, succession, biens restés en France : un point d'ensemble avant de décider, avec les règles d'aujourd'hui. Tout commence par un appel de cadrage.

Découvrir le diagnostic

Sources & références

  • Code grec de l'impôt sur le revenu — articles 5A (non-dom), 5B (retraités) et 5C (impatriés)
  • Autorité fiscale grecque (AADE) — régimes de résidence fiscale alternative : aade.gr
  • PwC Tax Summaries — Greece, Other tax credits and incentives : taxsummaries.pwc.com
  • Loi 4714/2020 (introduction des régimes des articles 5B et 5C)
  • Convention fiscale France-Grèce du 21 août 1963 : impots.gouv.fr